On commence à en avoir marre d'écrire que l'OM peut nourrir de sérieux regrets en Ligue des champions. Il faut pourtant, une fois de plus, s'y résoudre, après cette triste confrontation face au Real Madrid (3-0), où le sort des Marseillais a basculé en ... six minutes. Six minutes, une éternité, et une seule question à la fin : comment, après une heure de jeu quasi-parfaite (il manquait seulement un but), les Phocéens ont-ils pu lâcher la bride à ce point contre des Galactiques jusque-là plutôt terrestres ? Il va falloir répondre à ce casse-tête avant le 21 octobre prochain, et ce déplacement à Zürich déjà capital.
Six minutes de cauchemar contre une heure de demi-rêve
Ce 150e match de Marseille en Coupe d'Europe s'est joué en un seul acte, à la 58e minute. Trois acteurs en scène : Mandanda, S. Diawara et Cristiano Ronaldo. Les deux premiers ne se parlent pas, mésentente, et le Portugais, lui, se contente d'un monologue du gauche pour ouvrir le score contre le cours du jeu. L'OM encaisse un but, son 9e en quatre matches, et l'OM ne s'en relèvera pas. 60e minute : les mêmes, plus l'arbitre M. Hanson qui veut sa minute de gloire et entre dans la lumière en expulsant, pour une faute imaginaire sur CR9, le déjà averti Diawara, dont ce n'était définitivement pas la soirée. Kakà ne joue pas, lui, quand il s'agit de transformer un penalty (61e). Le troisième but du Ballon d'Or France Football 2008, on en épargnera la description à la défense olympienne (64e).
Ces six minutes de cauchemar ont en effet effacé la première période de haut vol proposée par l'équipe de Didier Deschamps qui, après quatre minutes de léger flottement, avait paru solide, bien en place, résistante. C'était même elle la plus dangereuse avec les percées de Mamadou Niang (27e, 44e), la plus spectaculaire aussi avec les arrêts déterminants de Steve Mandanda (22e, 33e, 45e+1). Au lieu de ça, l'histoire retiendra son flottement sur le premier but de Cristiano Ronaldo. C'est triste, mais c'est comme ça. Marseille, qui avait été le premier club français à s'imposer à Anfield, ne rééditera pas l'exploit à Santiago Bernabeu. A contrario, il revient de Madrid avec zéro point dans son escarcelle, une peu honorable dernière place du groupe C et un moral qui ne reprend pas de la hauteur après la défaite contre Valenciennes en Championnat le week-end dernier. Marseille a-t-il vraiment encore la taille pour la Ligue des champions ? Didier Deschamps, qui n'est pas homme à éluder les problèmes, a un mois pour le résoudre. Et pas de doute, celui-là, il est de taille. |