Au moment de lever le doigt vers le ciel pour manifester sa joie, Gaby Heinze n’y pensait peut-être pas. Mais, le but 100% «gaucho» de l’OM à Zurich vaut son pesant d’or. Et pas que de l’or suisse. Dans une partie longtemps assez pénible et au niveau technique souvent en deçà des capacités des deux équipes, la reprise du droit de Heinze ouvre pas mal de perspectives pour les Olympiens dans un groupe C chamboulé où Milan est allé gagner à Madrid dans le même temps (2-3). Si les Espagnols et les Italiens culminent à six points, Marseillais et Zurichois sont à trois unités. Les matches retours et particulièrement celui contre Zurich auront dès lors un intérêt majeur.
Et il fallait voir la joie des Marseillais s’étreignant au coup de sifflet final sur la pelouse suisse alors qu’ils finissaient la partie à dix après l’exclusion de Bonnart dans les arrêts de jeu pour un deuxième avertissement. Une forme de libération européenne pour leur première victoire en Champions League de la saison. La première même depuis le match retour contre Eindhoven (3-0) en novembre dernier.
Ce succès acquis dans le sympathique mais assez calme Letzigrund Stadium fut en tout cas bien étriqué. Car il faut dire qu’il n’y eut pas vraiment matière à s’emballer ce mercredi à Zurich. Si Didier Deschamps alignait bien le buteur du soir en arrière gauche, relançant la charnière Hilton-Mbia – encore intéressante – Lucho reprenait sa place dans l’entrejeu et le choix en attaque se nommait Brandao. Pourtant, la première période fut souvent lancinante et très pauvre en situations chaudes des deux côtés. Le collectif suisse paraissait rodé mais la transmission dans chaque camp connaissait beaucoup de déchets. Le but refusé à Brandao dès la troisième minute pour hors-jeu alors qu’il reprenait un coup franc de Cheyrou détourné par Leoni n’était donc qu’un avant-goût trompeur.
L’OM n’y arrivait pas vraiment mais les Helvètes non plus, leur première occasion n’intervenant qu’à la 20e minute avec une bonne frappe de Gajic que Mandanda accompagnait en sortie de but. La tête au-dessus de Hilton vingt minutes plus tard (42e) et l’arrêt énorme de Leoni devant Brandao à bout portant (45e) mettaient alors un terme à l’affaire en première période.
Pas vraiment au mieux, les Marseillais pouvaient toutefois compter sur leur dernier rempart. Impeccable. Mandanda claquait d’abord un tir de Vonlanthen (47e). Le portier international assurait aussi après l’ouverture du score olympienne au moment où Zurich mettait le pied sur l’accélérateur. En détournant le coup franc roublard de Gajic (70e) et surtout grâce à plusieurs interventions autoritaires dans les airs qui permettaient de souffler durant ce moment de remous. Car l’OM avait fait précédemment le plus dur dans cette partie : faire bouger le tableau d’affichage et pour cela, il a pu compter sur ses deux Argentins fraîchement mondialistes pour cet été. Didier Deschamps l’expliquait la veille, le bon match de certains à Nancy ne remet pas en cause le talent individuel des joueurs absent. Les deux «gringos» de l’OM l’ont prouvé. Après un relais avec Bonnart côté droit, Lucho centrait à merveille pour Heinze qui reprenait de volée du droit pour loger le cuir dans le petit filet droit suisse (0-1, 69e). L’un des meilleurs Olympiens sur la pelouse ce mercredi, «Gaby» a sorti une belle épine du pied aux siens et offre aux mille supporters marseillais du Letzigrund et aux autres partout ailleurs un deuxième succès de rang. Précieux en Europe, intéressant en général alors que se profile un certain OM-PSG dimanche au Vélodrome. |